Préface
Vivre et mourir, c’est notre lot à toutes et à
tous
C’est un honneur, pour moi, de préfacer cet ouvrage.
La chance m’a souri lorsque François m’a offert de travailler
avec lui. Ce fut tout différent de l’étude et des livres, peut-être moins
facile, mais Combien enrichissant.
D’abord, François m’a ouvert les yeux sur la réalité des
misères humaines. Il m’a fait connaître ce que représente réellement
l’empathie. Un peu plus tard, j’ai rencontré son épouse, Suzanne, femme de
tête, toujours sur la brèche, trouvant toujours une ébauche de solution aux
situations les plus dramatiques.
Ils m’ont appris à être polyvalent, à être un travailleur sur
le terrain.
Avec cette intrépidité qui Convient à des fondateurs et
membres de cette brigade héroïque des A.A., dont ils ont toujours honoré les
couleurs, Suzanne et François se sont attaqués très tôt à cette haute montagne
des dépendances, dont l’alcoolisme domine tous les versants.
Ce livre est encore un des enfants de ce couple et est le
fait de tout un réseau de solidarité et d’une fraternité réelle. Cette histoire
d’une vie, d’un mouvement, d’un centre..., gravite autour d’une question unique
t pourquoi les A.A. obtiennent-ils de si bons résultats de par
le monde ? Pourquoi ce taux de réussite bien supérieur à celui atteint par
d’autres approches de l’alcoolisme ?
A la source de ce pourquoi et autour de cette question de
l’alcoolisme et des nombreux problèmes d’ordre physique, psychosocial, culturel
et spirituel qui y sont liés, réside la question essentielle du “sens” de la
vie même et de l’inquiétude existentielle.
Mille questions pour une seule réponse contenue dans une
petite prière : “Mon Dieu donnez-moi la Sérénité
d’accepter les choses que je ne puis changer, le Courage de changer celles que
je peux, et la Sagesse d’en connaître la différence.” C’est bien plus qu’une
simple devise. C’est toute l’expérience d’une rencontre avec le surnaturel, le
divin, toute l’expérience sur laquelle s’appuie toute spiritualité vivante au
cœur des groupes et dont l’absence prive véritablement de vie. Cette petite
prière est comme une porte qui ouvre sur le chemin d’une Vie Nouvelle et une
vérité libératrice. Et cela, Suzanne et François le vivaient dans la joie et la
sérénité.
Pour moi, le moment où je découvris la portée de ce que
beaucoup considèrent comme de simples mots, correspond au moment de cette
rencontre avec Suzanne et François. Toute la vie de ce couple fut remplie
d’amour du prochain, de foi et d’espérance.
Mors, mon souhait le plus cher pour ce livre, c’est qu’à
travers ces belles vies, à travers des témoignages... Ma Grâce puisse agir,
afin que nous soyons toujours aidés nous-mêmes à témoigner et à fortifier l’autre
dans sa foi, l’espérance, l’amour.”
Que beaucoup puissent quitter le monde de la dépendance et
connaître la vie nouvelle des enfants de la liberté qui sont tous, un peu, les
petits et arrière-petits-enfants de Suzanne et François.
Pour ma part, je les remercie de leur exemple solide. Jamais
je ne les oublierai.
Gilbert Yans